Contrairement à ce que Christophe Castaner affirme publiquement, il ne se place pas en dehors du conflit qui nous oppose à Gilbert Sauvan (député et président du Conseil général 04)…
En effet, malgré nos demandes répétées depuis septembre de régulariser notre situation vis-à-vis de la fourniture de l’eau, il cherche à nous faire passer pour des voleurs ou des pirates et plutôt que de nous mettre un compteur, il préfère nous faire couper l’eau !
La fourniture de l’eau est bien du ressort de la mairie et en l’occurence ici de la société privée qui en a délégation… De nombreuses mairies dont celle de Paris ont pris des positions favorables à la fourniture d’eau de lieux squattés… Pourquoi pas ici ?
Castaner nous a confirmé avoir volontairement demandé que l’eau nous soit coupée mais nous a promis ce jeudi 7 mars devant 35 à 40 témoins de demander à Sauvan l’ouverture d’un dialogue sur la base de la proposition suivante : nous nous engageons à libérer les lieux au début des travaux de réhabilitation du Centre médico-social contre un bail gratuit… Affaire à suivre (au 20 avril toujours aucune réponse à notre courrier du 25 mars !)…

Merci à tous les soutiens pour leur présence dans cette bataille de l’eau !


Extrait du Code de l’action sociale et des familles

Article L115-3
Modifié par Loi n°2007-290 du 5 mars 2007 - art. 36 JORF 6 mars 2007
Dans les conditions fixées par la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en oeuvre du droit au logement, toute personne ou famille éprouvant des difficultés particulières, au regard notamment de son patrimoine, de l’insuffisance de ses ressources ou de ses conditions d’existence, a droit à une aide de la collectivité pour disposer de la fourniture d’eau, d’énergie et de services téléphoniques dans son logement.


Extrait de La sensibilisation aux valeurs liées à l’eau et à la bonne gouvernance… http://vertigo.revues.org/1966

L’eau, bien vital, est un droit fondamental.

L’offrande de l’eau qui est un devoir selon la Bible et le Coran s’est progressivement transformée en une obligation de donner accès à l’eau. Plus récemment cette obligation s’est transformée en un véritable “droit à l’eau”, c.-à-d. le droit pour toute personne, quel que soit son niveau économique, de disposer d’une quantité minimale d’eau de bonne qualité qui soit suffisante pour la vie et la santé. Ce droit concerne une quantité limitée d’eau qui permette à l’homme: de satisfaire à ses besoins essentiels tels que la boisson, la préparation de la nourriture, l’hygiène et le nettoyage, d’assurer l’abreuvement des animaux de compagnie et d’arroser une petite production vivrière familiale (potager et quelques animaux domestiques). Cette quantité de base dépasse 40 litres par jour et par personne dans les villes des pays industrialisés (soit un tiers de la consommation habituelles de 120 litres par jour et par personne).Depuis peu en France, un logement sans eau, sans toilette, sans douche ou bain ne peut pas être loué car il est impropre à un usage normal.

Au plan européen, le droit à l’eau a été inscrit dans la nouvelle Charte des ressources en eau du Conseil de l’Europe (2001). En droit international, le droit à l’eau figure explicitement dans deux conventions mondiales en vigueur, à savoir la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (1979) et la Convention relative aux droits de l’enfant (1989). Il est aussi inscrit dans trois conventions régionales (Charte d’Addis-Abeba pour l’Afrique, Protocole de San Salvador pour l’Amérique latine et Protocole de Londres sur l’eau et la santé pour l’Europe).

En novembre 2002, le Comité des droits économiques, sociaux et culturels a déclaré : “L’eau est indispensable à la vie et à la santé. Le droit de l’être humain à l’eau est donc fondamental pour qu’il puisse vivre une vie saine et digne. C’est la condition préalable à la réalisation de tous ses autres droits.” Cette déclaration émanant du Comité chargé de suivre la mise en oeuvre du Pacte revient à reconnaître que le droit à l’eau est intrinsèquement un droit fondamental sans qu’il soit nécessaire de créer un nouveau droit sur ce sujet. Il est vrai que ce droit n’est pas mis en oeuvre partout mais ceci est également vrai pour tous les autres droits de l’homme, qu’ils soient civils ou politiques, économiques ou sociaux. Une eau potable accessible et abordable pour tous grâce à la solidarité.


Un courriel de soutien aux résidents du squat
envoyé à Christophe Castaner (vous pouvez vous en inspirer !) :

Monsieur le député, monsieur le maire,

c’est avec consternation que j’ai appris hier la coupure d’eau définitive dont ont été victime les habitants du squat “La Gendarme-rit” de Forcalquier.
Cette interruption, qui n’a pu intervenir, comme le stipule l’article L.2224-7-1 du code général des collectivités territoriales, sans l’accord du maire de la commune, constitue une atteinte effarante aux droits humains élémentaires, en contradiction absolue avec, notamment et entre autres, les recommandations de l’Académie de l’eau ou celles de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme dont vous voudrez bien trouver les liens en annexe.
Je m’étonne également, sans doute parce que je n’accorde pas au mot “socialiste” les mêmes valeurs que vous, qu’un membre du PS, éclairé par les différentes initiatives de ses camarades en matière de distribution d’eau aux squats (voir plus bas celles de la ville de Paris par exemple), puisse tenir une ligne plus réactionnaire qu’un de nos anciens Présidents de la République, et pas le moins conservateur, Jacques Chirac, qui proposait lors du Troisième Forum Mondial de l’Eau que « l’accès à l’eau soit reconnu comme un droit fondamental ».
J’espère qu’au vu des réprobations qui ne manqueront pas de vous parvenir, vous rétablirez dans les plus brefs délais l’eau sans laquelle les habitants de “La Gendarme-rit”, ni quiconque d’ailleurs, ne sauraient vivre.
Recevez monsieur le député mes salutations.

JF Priester - 9, avenue du Gand - 04200 Sisteron.

ps : une copie de ce courrier est adressée à la DDCSPP de Digne-Les-Bains, une autre à la presse.